Féminisme : L’article qui est super long mais il fallait que ça sorte…

Aujourd’hui, article un peu spécial qui va probablement faire le buzz. Ou pas, mais ça tombe bien parce qu’on s’en fout. Vous l’avez sans doute remarqué, en ce moment l’actualité tourne principalement autour de 3 axes :

1 ) Notre ami Trump et ses foutaises de gamin perturbé

2 ) Nos pas-amis les terroristes et leurs foutaises d’adultes perturbés

3 ) Notre pas-ami non plus Harvey Weinstein (le producteur pervers aux mains baladeuses) et ses foutaises de mâle déviant et lui aussi perturbé.

Bref, tout le monde est perturbé dans ce bas-monde et y en a pas un pour rattraper l’autre. Attention hein, je ne mets pas toutes ces sympathiques personnes sur le même plan. Juste, ils ont tous, chacun dans leur domaine, une expertise de la connerie assez poussée.

Je ne vais pas m’amuser à discutailler des deux premiers axes d’abord parce que je ne prétends pas avoir les connaissances nécessaires pour le faire — je laisse ça aux spécialistes. Mais surtout parce que ça m’ennuie profondément de m’attarder sur des attardés. La raison pour laquelle j’ai décidé de prendre la plume sur l’actu du moment, c’est que je me sens un peu submergée voire noyée par les infos tournant autour du harcèlement sexuel — dont l’image forte est désormais incarnée par le Weinstein Gate — et du sujet qui en découle logiquement, le soi-disant féminisme.

Sur ce sujet, j’estime avoir le droit de ramener ma gueule puisque que je vois que tout le monde le fait et que, pour l’instant, aucun avis ne me satisfait entièrement. J’entends les discours notamment sur ce « fléau » (comme dirait Bernard de la Villardière) du harcèlement de rue, sur le fait que les femmes sont encore et toujours considérées comme des morceaux de viande ambulants par des prédateurs tapis dans l’ombre à qui on excuse tout et qui ne comprennent pas la notion de refus visiblement trop dissimulée derrière le « non ».

Je l’entends parce que comme beaucoup de femmes, je l’ai vécu.  On a toutes connu cette situation où, seule dans la rue (et même en survet’) on se fait accoster par un gars qui n’a apparemment rien d’autre de mieux à faire dans sa vie que de faire perdre des minutes à la vôtre. On a toutes dû sortir au moins une fois le fameux « non merci, j’ai quelqu’un » qui est un peu l’équivalent du « désolée, je ne fume pas » parce qu’il faut s’excuser de ne pas avoir de briquet à prêter comme il faut s’excuser de ne juste pas vouloir écarter les jambes sous les sollicitations du premier venu. Pour ma part, aucune de ces situations n’a eu de tournant dramatique en soi. Ce que j’ai pu ressentir c’est de la gêne et du saoulage intensif mais j’ai bien conscience que ça n’est pas nécessairement l’issue de toutes ces « rencontres » forcées et imposées.

Comme c’est un thème récurrent en ce moment, j’en ai discuté à deux reprises avec l’ennemi. Je plaisante, je veux dire, avec des mecs. Parce qu’au final je me rends compte que dans tous les articles qu’on peut voir ou lire, c’est souvent l’avis d’une femme qu’on entend, et tant mieux. Mais les mecs eux, ils en pensent quoi ? Je vous avoue que pendant les conversations à ce sujet, j’ai été un peu vénère mais au final, j’ai aussi ouvert les yeux sur une autre version de la chose. Je m’explique. Les mecs avec qui j’ai discuté (dont le mien), ont eu la même réaction : en gros, si le gars qui t’accoste, le fait de manière polie et pas trop « malveillante », après tout, pourquoi pas, tu ne peux pas vraiment lui reprocher de tenter sa chance.

Ce à quoi j’ai répondu : certes, mais quand je sors un dimanche pour aller acheter du pain je ne suis pas dans un mood de dragouille à deux balles et je veux qu’on me laisse tranquille. Le contre-argument a été le suivant : donc c’est les meufs qui décident quand et à quel moment, un homme a le feu vert pour tenter sa chance ? Dans un bar, on est beaucoup moins choquées quand un gars nous accoste, parce que le fait de sortir et de se « préparer » implique inconsciemment un accord à la drague ?

Un relou reste un relou. Dans la rue ou dans un bar, je lui répondrai de la même manière mais il est vrai qu’on ne parlera pas de « harcèlement de bar » parce que c’est implicitement acté dans le fait de sortir et de s’alcooliser. Le problème est peut-être juste là en réalité : où met-on la frontière ? Je pose la question et je n’ai pas nécessairement la réponse. Très franchement, je suis un peu fatiguée de lire tous ces articles qui nous rappellent qu’on vit vraiment dans un monde de merde, que les femmes sont victimes et que c’est scandaleux et blablabla.

Alors oui, il y a encore et toujours un réel problème d’égalité sexuelle, ça c’est indéniable. Mais il faudrait voir aussi ce que les femmes cherchent vraiment et parfois j’ai vraiment du mal à le comprendre. Les personnes s’érigeant en figures « féministes » ces temps-ci sont des popstars qui passent leur vie à poil dans les clips. Les ados sont quasiment toutes de « wannabes » Kylie Jenner dont la vie se résume à publier des photos d’elle sur Instagram dans des poses suggestives et à vendre du maquillage putassier (oups, j’ai jugé) pour avoir l’air encore plus fake.

C’est vraiment ça le féminisme ? Avoir le droit de s’exposer sous toutes les coutures – enfin surtout sous les coutures répondant aux stéréotypes de la meuf « sexy » (dans les 90s elle était plate et maigrelette, aujourd’hui il faut des formes mais pas trop quand même) ? Je me demande à quel moment la femme a réellement besoin de montrer son corps pour se sentir libre. Personnellement, je refuse de voir les choses sous cet angle. On dénonce ces « gros porcs » (hashtag balance ton porc) de mecs et on continue à inonder les réseaux sociaux de « butt-selfies » pour avoir un maximum de likes. Bien sûr, un homme doit pouvoir tenir sa bite et là-dessus il y a un sérieux souci d’éducation.

Pour moi, la réelle question c’est : qu’est-ce que cherchent vraiment les femmes ? On est en 2017 et on est toujours dans cette logique du “cul qui fait vendre” et aujourd’hui encore, les femmes y prennent part. Et après, on vient nous parler d’écriture inclusive, comme si c’était un “-euse” à la fin d’un mot qui changera la face du monde. Le diable se cache peut-être dans les détails, mais pas que.

Peut-être s’agirait-il aussi de faire la nique à l’individualisme, au superficiel et à ce besoin incessant d’être validée/adulée/vénérée ? Il n’y a qu’à voir sur Instragram les bloggeuses en quête de likes et de compliments. Les mêmes photos, les mêmes poses, pour les mêmes commentaires admiratifs. Pas jugement ici, juste un constat. Chacun fait ce qu’il veut mais le phénomène d’exposition sur Instagram participe au fameux schéma de modèle qu’on impose aux femmes (rappelons que 65% des « utilisateurs » d’Instagram sont des « utilisatrices »). Avant, c’était les mannequins dans les magazines, maintenant c’est les blogueuses qui ont pris le relai depuis l’avènement des réseaux sociaux et depuis que les marques ont décidé d’investir et de s’y investir (à votre avis dans quel but ? ).

La femme doit être « empowered » comme ils disent les anglophones. C’est à dire ne pas douter d’elle-même sous prétexte qu’elle est une femme, ne pas se fermer les portes sous prétexte qu’elle est une femme et embrasser son potentiel, sans frein, ni limite.  Qu’elle n’a pas besoin de lâcher la moitié de son salaire dans du make-up ou des fringues pour être une femme et se sentir bien. Si t’es fashion addict, tant mieux pour toi mais l’apparence ne devrait plus autant compter. La femme doit juste être elle et exister en tant qu’elle, une personne, un être humain avant tout.  Et arrêter de perdre du temps et gâcher son énergie à s’agacer contre des connards qui 1) ne sont pas la majorité des hommes 2) n’en valent vraiment pas la peine. A mes yeux c’est d’abord ça le féminisme.

Alors oui, le chemin n’est pas sans obstacle, oui nous sommes encore dans une société patriarcale, globalement « dominée » par les hommes et il y a d’énormes efforts à faire. Mais au lieu de crier uniquement au scandale, unissons nos forces (les femmes sont quand même les premières à ne pas être tendres les unes envers les autres), et rien ne pourra nous arrêter.

Les femmes ne sont pas les seules à connaître les injustices. Mon mec est noir, des contrôles au faciès il en a connu, les jugements de valeur aussi – tout ça parce qu’il n’est pas blanc donc « logiquement » suspect. Les gens qui le regardent de travers, qui ne font pas confiance ou qui ont peur juste à cause de sa couleur de peau. Moi, de mon statut de gentille petite fille blanche de classe moyenne, je ne connais pas ces histoires, je ne connais pas les efforts doubles à faire pour s’en sortir en France parce que la route pour moi a été sans embûche.

Remettons les choses dans leur contexte et essayons plutôt de tendre vers une société juste à tous les niveaux. Une société qui accepte les gens, hommes ou femmes, blancs ou noirs ou autres, tels qu’ils sont sans leur coller d’étiquettes ad vitam aeternam. C’est pas demain la veille mais ça veut peut-être le coup d’essayer non ?

Ce qui est certain c’est que les femmes aussi ont leur boulot à faire si on veut que les choses évoluent. Il ne suffit pas de dénoncer, il faut déterminer sur quel tableau on veut jouer. C’est un fait : les femmes ont à ce jour toujours du mal à exister. Arrêtons de nous en offusquer à coups d’articles à clics et à scandale et agissons, dans la bonne direction. Comme l’image d’illustration de cet article le dit, le seul moyen d’échapper aux choses, c’est de changer. Allez, je vous laisse, j’ai un épisode des Bisounours qui m’attend.

KIDCapture d’écran 2016-08-23 à 13.07.12

PS : il n’y a volontairement pas de photo dans ce post. Le choix n’est peut-être pas judicieux compte tenu que dans la dictature du web, il faut « capter » l’attention de l’internaute avec de jolis visuels. Là, je ne voyais tout simplement pas l’intérêt. Bisou.

Publié dans: MOOD

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